sakuramochi

Voilà un type d'articles que j'ai envie d'inagurer depuis fort longtemps : les voyages culinaires. Parce la bouffe est quand même importante, surtout quand on est un franchouillard français qui aime manger et boire (mais surtout manger) et que les voyages sont avant tout synonymes de découverte de cultures nouvelles, notamment dans la cuisine. Chacun est différent, mais il est très important pour moi de m'immerger dans un pays quand je voyage, et ça passe forcément par la case cuisine (donc pas de trucs que je peux manger chez moi, seulement du local).

J'ai longtemps hésité entre le Japon et Hawaii pour inaugurer cette section, mais vu que mon voyage à Tokyo est plus frais (et surtout  plus riche en photos), j'ai fini par me décider pour le pays du soleil levant (6 mois plus tard, mais passons). Encore pardon pour la qualité médiocre des photographies prises avec téléphones et un mauvais appareil, je me rattraperai à mon prochain voyage au pays (même si c'est pas demain la veille).

Je ne suis pas là pour décortiquer les moeurs des habitants à travers ce qu'ils mangent, mais pour faire découvrir de nouveaux plats, casser des clichés d'une cuisine parfois trop francisée dans nos restaurants.

Avant de partir, j'avais un gros a priori sur la nourriture japonaise, n'appréciant que très peu les restaurant japs en France (mis à part quelques restaurants de la capitale, et encore). Ma seule expérience au-delà du restaurant était une soupe miso préparée par une amie de Nagoya il y a quelques années, et ça n'a pas loupé je n'ai pas aimé. Ne mangeant pas de poisson et n'ayant pas d'affinités particulières avec les saveurs nippones, je me préparais à un marathon psychologique pour apprécier quelques plats, surtout avec toutes les personnes étant parties en vacances au Japon et ne cessant de me répéter "mais c'est cher la vie au Japon, ça coûte une blinde de manger, et en plus si t'aimes pas le poisson tu vas rien avaler". Et bin c'est un beau ramassis de conneries bêtises.

Oui tu peux manger pour pas cher (mais vraiment pas cher) à Tôkyô.

Et tu vas faire mieux que survivre si tu n'aimes pas le poisson, tu vas carrément t'en prendre plein les papilles gustatives.

J'aimerais commencer par les yakitoris, ces petites brochettes adorées chez nous (et à juste titre). À part les boulettes de poulet (et parfois pleines de cartilages au Japon) que l'on connaît, qu'on appelle là-bas Tsukune, le yakitori est une véritable découverte. On oublie les boeuf fromages, poulet, saumon et compagnie. Là-bas, le yakitori, dont le porc est un peu la star, se décline pour faire manger toutes les parties de la viande. Et je dis bien TOUTES. Si vous n'êtes pas un grand aventurier de la viande, vous risquez d'avoir de mauvaises surprises, et je vous conseille fortement d'en rester aux brochettes aux légumes : haricots, champignons, souvent frits, et aussi les merveilleuses potatoe korokke, des petites croquettes de pommes de terre qu'on retrouve souvent dans les endroits où manger sur le pouce.

Je suis allée dans une petite échoppe de yakitoris avec une amie japonaise où la spécialité est de cuisiner toutes les parties du porc : vous pouvez manger des moceaux comme le coeur, le cartilage, la langue, ou encore... le rectum. Elle m'a dit que c'était monnaie courante de tout avaler chez l'animal. Verdict : même si je n'ai pas goûté à tout, la simplicité d'une bonne viande grillée accompagnée d'une bière fraîche est un régal pour les petites faims, ou même un dîner. J'ai quand même goûté l'estomac, qui est servi non sur des baguettes, mais comme poché. Plus jamais.

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Au milieu de toute cette viande, du poireau, légume très apprécié au Japon.

 

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Coeur et langues de cochon, simple et délicieux.

 

Mon premier repas à la capitale : des yakitoris tsukune (et du poulet cru qu'on ne voit pas sur la photo)

Premier repas à la capitale. Outre les tsukune que l'on connaît bien, une belle découverte : le poulet juste saisi, quasi cru, accompagné de wasabi.

Passons maintenant à quelque chose de moins connu dans l'hexagone. Après m'être régalée de yakitoris la veille au soir avec un bon décalage horaire dans les dents (découverte du poulet cru, c'est incroyablement bon et tendre), je retrouve le lendemain une amie venue de Nagoya ainsi qu'une amie française rompue à la cuisine du pays puisqu'en visite pour la quatrième fois en quelques années pour plusieurs mois, je compte donc sur leurs conseils pour le repas du midi. Et là, c'est comme demander à un français de choisir UN plat représentatif à déguster. Impossible. Je sors donc mon fidèle guide (kikou la touriste) et l'envie nous prend de manger un shabu shabu : la fondue japonaise.

J'en rêve encore la nuit. C'est tout con, tout bon. Du bouillon (oignon, soja, pimenté...) que l'on choisit pour faire cuire les produits sur une plauque chauffante, des légumes (frais et savoureux à souhait), de la viande en fines lamelles (tellement bonne la viande nippone...), le tout accompagné de riz blanc comme les asiatiques savent si bien le faire (avec du curry en option si vous voulez), des udons (des nouilles de blé à se tapper le c** par terre, j'en consomme depuis régulièrement), et même des crudités. Si jamais vous avez une adresse qui fait de bons shabu shabu à Paris, PARTAGEZ, merci ! Je vous laisse maintenant aux photographie, sûrement plus parlantes que mon coup de foudre (et les kilos pris) pour le shabu shabu.

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Chaque personne choisit les légumes qu'elle veut déguster, et on met à cuire dans le bouillon avec de la viande, des udon et on trempe ensuite dans de la sauce.

 

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La marmite aux deux bouillons, avec les baguettes longues faites pour la cuisine en Asie, dans le cas présent pour mélanger et servir.

 

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Un gros plan du précieux.

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Un aperçu des boîtes de viandes finement tranchées avant qu'on se jette dessus comme des  grosses morfales.

Une autre expérience à faire (en restaurant uniquement je pense) : le yakiniku. Je ne dirais pas que c'est le même principe que le shabushabu vu qu'on ne fait bouillir ni légumes ni viandes, mais la grille pour la viande est disposée en milieu de table, donc chacun s'occupe encore une fois à tour de rôles de préparer le chaud pendant que les autres servent les condiments (ou boivent leur thé). La viande peut être servie marinée, mais elle est souvent fraîche et sans artifice, c'est à chacun de l'accomoder avec de la sauce au piment, au sésame (la sauce au sésame japonaise est un régal, je vous conseille fortement de vous en proccurer). On accompagne tout ça avec du riz, une soupe, des crudités. Simple et efficace. Nous sommes tombées sur cette adresse en demandant à une gentille dame d'un café une bonne adresse où manger, et à Asakusa, le quartier touristique par excellence, ce n'est pas chose aisée. Sauf que la petite fée de la barbaque était sûrement avec nous ce jour là, car ce restaurant était incroyable : un des meilleurs boeufs qu'il nous ait été donnés de déguster, des produits frais et bons. Je ne me rappelle plus de l'adresse à mon grand regret, mais vous trouverez certainement des yakinikus de qualité assez facilement, n'hésitez pas à demander aux commerçants du quartier, ils vous aiguilleront dans vos recherches.

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Le plateau du meilleur boeuf du monde (ou presque) et des petites langues qui grillent doucement.

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Yuki s'occupe de la viande pendant qu'on prépare les assaisonements.

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Si votre budget est assez serré, je ne peux que vous encourager à manger dans des enseignes du style de Matsuya. Elles sont légion à Tôkyô, et vous pourrez y déguster des plats complets comprenant riz, viande, légumes, soupe miso et thé à volonté... pour 400 yens, soit l'équivalent de 4 euros. J'y ai même dégusté un curry végétarien pour 2 euros, ce ne sont certes pas des produits de première qualité, mais c'était en bonne quantité, et surtout bon. Si vous tombez sur des personnes ne parlant pas un mot d'anglais, vous avez très souvent des distributeurs à l'entrée des restaurant où vous pouvez commander et payer (il y a des photos pour choisir les plats), il vous suffit ensuite de donner le ticket à la personne en charge et votre plat sera servi en moins de deux. J'y ai souvent mangé, c'est un excellent compromis pour faire un repas local sans se ruiner, allez-y les yeux fermés, et il y a des plats japonais exclusivement, un beau moyen de découvrir la façon de cuisiner du pays.

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Un repas typique de ce type d'enseignes : riz, viande et légumes, l'oeuf à casser et mélanger dans le plat, du gigembre, et tous les condiments (en arrière-plan) pour accompagner le plat. Remarquez la petite marmite qui était sur un mini réchaud à gaz pour garder le bouillon au chaud.

Il y a ensuite les classiques connus chez nous (mais en mieux, forcément, on fait pas la meilleure daube niçoise en Pologne hein), tels que les ramens. Il y a énormément d'échopes en ville, souvent les entrées sont affublées de petites carrés de tissus où il y a marqué ramen (en japonais forcément, essayez d'avoir un petit papier avec vous pour les repérer).

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Les japonais sont également friants de riz qu'à première vue on peut penser frit, mais il n'en est rien, on appelle ça le tori meshi, du riz et des petits légumes avec souvent du soja, un régal.

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Les fameux gyozas accompagnant les ramens et un riz à l'oeuf.

On ne trouve pas seulement des tonkatsu au porc, mais aussi au boeuf, ou un mélange de différentes viandes, avec toujours cette chapelure fine et croquante : le panko.

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Un tonkatsu acheté dans une petite échoppe ne vendant que cette spécialité.

Si vous n'avez pas le budget pour un boeuf kobe et avez la possibilité de cuisiner, ne passez surtout pas à côté du boeuf wagyu (dont est tiré le boeuf de kobe). Vous reconnaitrez la viande à son aspect persillé, le goût est incomparable avec tout autre boeuf. Que du bonheur.

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La photo ne rend pas honneur au merveilleux plat préparé par Masumi, mais voici une façon de cuisiner du boeuf yagyu : sauté avec des légumes.

Côté sucreries, il y moins de choix (forcément quand on est habitué aux pâtisseries et desserts français), mais contrairement à beaucoup de pays d'Asie, le Japon laisse quand même une belle place au sucré. Il y a beaucoup de gâteaux à base de pâte de haricots rouges, c'est absolument délicieux, ça plombe mais c'est vraiment à essayer. C'est un peu particulier et ça ne plaira pas à tout le monde, mais je vous conseille d'essayer les ningyo-yaki, des petits gâteaux fourrés à la pâte de haricots rouges ou nature. On en trouve beaucoup à Asakusa, c'est un beau souvenir à ramener.

Mais le plus populaire des mets reste la fleur de cerisier : les sakura. Si vous allez au Japon au printemps, en pleine période de floraison, vous aurez droit à des "éditions limitées" dans toutes les chaînes et les temples qui offrent de quoi se restaurer (notamment à kawagoe) allant du latte (même à starbucks) à des pâtisseries plus traditonnelles comme le sakura mochi (un gâteau de riz gluant à la fleur de cerisier, à essayer absolument).

Ceux qui ne jurent que par le café devront prévoir le budget pour, car boire un café revient à l'équivalent d'un repas dans les enseignes type Matsuya en terme de prix.

sakuramochi

Un sakura-mochi servi avec du thé macha et un mélange d'algues et de bonite séchée dans un temple de Kawagoe.

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Un gâteau à la pâte d'amande et... encore du thé macha.

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Un taiyaki, très célebre au Japon : un gâteau (toujours en forme de poisson) fourré à la pâte de haricots rouges,

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On peut quand même se faire un petit goûter à l'occidental si l'envie nous prend.

Si vous aimez cuisiner, n'omettez pas de ramener des carrés de curry (vous en trouverez dans les 100 yens shop, ça vaut le coup de faire une petite cargaison, le curry japonais est très différent des curry thais et indien, mais ô combien délicieux), du 7 épices, de l'assaisonement au sésame... et tout ce qui vous aura plu, tout simplement.

Ce petit compte-rendu de ma découverte de cette cuisine ne peut absolument pas faire honneur à la cuisine nippone (surtout en n'ayant pas parlé de poissons, que l'on mange sous toute ses formes là-bas). J'espère seulement que cela vous aura fait un peu voyager et donné envie de découvrir un peu plus cette gastronomie dont trop peu de plats sont connus chez nous.

Vous pouvez quand même vous faire plaisir en faisant des gyozas ou du katsudon chez vous !